[Lesechos.fr]Industrie : ces diplômés qui manquent à l’appel

‘Malgré la crise, le secteur conserve des besoins de recrutement importants.
Les départs à la retraite d’ingénieurs vont monter en puissance.Tordre le cou aux préjugés sur l’industrie et améliorer son image auprès des jeunes. C’est l’objectif de la Semaine de l’industrie dont la quatrième édition commence aujourd’hui. Car si le secteur a encore perdu 53.000 emplois en 2013 selon l’Insee, il continue d’avoir des besoins importants en matière de recrutement. Selon l’Union des industries et métiers de la métallurgie, les entreprises industrielles devront embaucher entre 80.000 et 100.000 personnes par an d’ici à 2020. Certains profils sont déjà sous tension. Difficile, par exemple, de trouver des soudeurs, des chaudronniers ou des tourneurs.

Quel est le constat côté ingénieur ? « Aujourd’hui, 34.000 nouveaux ingénieurs sont diplômés chaque année alors qu’il en faudrait au minimum 40.000 », affirme Christian Lerminiaux, le président de la Conférence des directeurs des écoles françaises d’ingénieurs (CDEFI). Un décalage lié notamment aux départs à la retraite. Evalués à 6.000 par an par la CDEFI, ceux-ci devraient passer à 9.000 en 2017 et à 13.000 en 2027. Plus prudente, l’association Ingénieurs et scientifiques de France note que le taux de chômage des ingénieurs a augmenté de 0,5 point en 2013, même s’il reste très bas (4 %).

Créer des spécialisations

Quels sont alors les profils qui manquent à l’appel ? Si les télécoms, la chimie ou les constructeurs automobiles souffrent, l’aéronautique, l’énergie ont des besoins importants. Malgré la fin du développement de l’A380 ou de l’A400M, Airbus prévoit 1.500 embauches cette année. Confronté à d’importants travaux de mise à niveau de ses centrales, EDF va recruter 3.000 ingénieurs et techniciens en 2013 dans sa division production et ingénierie. « Dans l’automobile, le véhicule hybride et les logiciels embarqués suscitent un intérêt croissant. Les constructeurs français n’embauchent pas mais ce n’est pas le cas des équipementiers qui surfent sur l’international », explique Jean Le Guen, responsable relations entreprises à l’Estaca, une école spécialisée dans les transports. « Les problématiques d’écoconception ou de développement durable ont également le vent en poupe », note Eric Vivien, DRH au Centre technique des industries mécaniques. Enfin, l’essor du « big data » a créé des besoins en matière d’analyses de données. « Aujourd’hui, l’idée est de créer des spécialisations dans ce domaine pour compléter les formations existantes », explique-t-on au ministère de l’Economie et du Redressement productif.

Les écoles d’ingénieurs ont pourtant augmenté les volumes de diplômés de 18.000 à 34.000 ces quinze dernières années. Moins de 40 % sont désormais issus des classes préparatoires ! Mais cette hausse s’est faite, pour un tiers des cas, via la formation d’étudiants étrangers. D’où des retombées moindres pour l’industrie française.

2.800 événements en France

Dans le cadre de la Semaine de l’industrie, plus de 2.800 événements (journées portes ouvertes, conférences, tables rondes…) vont être organisés sur le territoire par des entreprises, des écoles ou des associations. Un train de l’industrie, ouvert au public, va parcourir 15 villes.
Près de 240.000 personnes avaient participé à l’édition précédente, en 2013. Plus de la moitié des événements visaient les moins de 26 ans.
L’industrie emploie environ 3,5 millions de personnes en France via plus de 240.000 entreprises.’

par Emmanuel GRASLAND
Chef du service Industrie
Source : lesechos.fr

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