[L’Express] Comment le Big Data coache l’équipe d’Allemagne

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Comment le Big Data coache l’équipe d’Allemagne

‘La Mannschaft s’entraîne depuis quelques mois avec l’appui d’un logiciel analysant les données biométriques et les déplacement des joueurs, ainsi que l’historique des matches joués par l’Allemagne et ses adversaires. Explications.

Le foot se met à l’informatique. Pour sa préparation, l’équipe nationale d’Allemagne s’est associée à son compatriote SAP pour tirer parti des technologies de collecte et d’analyse de données à grande échelle. Le fameux big data. Spécialiste des logiciels d’entreprise d’aide à la décision, SAP seconde désormais les entraîneurs de la Mannschaft pour analyser les performances et affiner les schémas tactiques. Cette technologie a été utilisée dans le cadre de la préparation de l’équipe pour la Coupe du monde au Brésil.

« Nous avions déjà des données, mais nous ne savions pas comment les utiliser ou les agréger rapidement et les rendre intéressantes. Grâce à ce logiciel, nous avons la possibilité de travailler de manière individuelle avec les joueurs, vite et intelligemment, et de rassembler plusieurs sources dans un seul outil. Au final cela améliore vraiment la performance des joueurs », affirme Oliver Bierhoff, manager de la Mannschaft, dans une vidéo mise en ligne par SAP.
Comment ça marche?

Le logiciel utilisé par l’équipe d’Allemagne est basé sur la plateforme de calcul intensif Hana, qui est reliée aux différentes sources de données dont disposent les entraîneurs : des caméras, et des capteurs biométriques portés par les joueurs.

Les caméras sont des caméras classiques, dont l’image est retraitée pour analyser les déplacements, la géométrie du jeu, les trajectoires des adversaires, l’occupation du terrain, etc. On peut ainsi savoir si les tactiques ont été respectées, comment l’équipe réagit aux mouvements adverses, etc.

Les capteurs biométriques, placés sur les chaussures des joueurs, fournissent quant à eux des informations sur les distances parcourues, les accélérations, les décélérations, le rythme cardiaque. Ces données sont agrégées sur la même plateforme d’analyse que celles issues des caméras. Cela permet par exemple d’analyser les conséquences de la fatigue sur le comportement d’un joueur, ou d’adapter la tactique en fonction de la forme physique de l’équipe.

Le système intègre également l’historique des données des matchs joués par l’Allemagne et ses rivaux, qui peuvent être utilisées dans le cadre de simulations. Des millions de données sont ainsi traitées en temps réel. Ce qui prend plus de temps, c’est l’interprétation par les entraîneurs, pour leur donner du sens.

Loin de ressembler à des tableaux de chiffres interminables, le rendu est réalisé sur une interface tactile et très visuelle, avec des incrustations notamment, qui nécessite une petite formation mais peut être manipulée directement par les joueurs et les entraîneurs, sur un ordinateur ou une tablette. Une solution plus souple que les passages obligés à la salle vidéo pour les débriefings.

Déploiement dans d’autres sports

A l’avenir, le système pourrait intégrer d’autres capteurs, qui mesureraient par exemple la pression artérielle. On pourrait également imaginer que les entraîneurs se servent d’un tel système comme outil d’aide à la décision pendant les matchs, pour adapter la tactique à la mi-temps par exemple, ou choisir quel joueur faire sortir et à quel moment.

Pour l’instant, seule la Mannschaft a été équipée par SAP. « Cette équipe a toujours été très moderne dans ses techniques d’entraînement », justifie Didier Mamma, vice-président big data pour l’Europe chez SAP. Mais le fournisseur compte proposer sa solution à d’autres clubs et fédérations de football dès la fin de la Coupe du monde. Et pourquoi pas aux médias, qui disposeraient ainsi d’une source inépuisable de statistiques.

Elle pourrait aussi équiper des formations dans d’autres sports collectifs, relativement en retard en termes de nouvelles technologies par rapport à des sports individuels comme l’athlétisme ou les sports de glisse, qui s’appuient depuis longtemps sur du matériel high-tech pour optimiser les entraînements. Un défi pour David Mamma, lui-même ancien champion de France de boxe thaï.’

Par Raphaële Karayan
Source : lexpress.fr

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