[zdnet.fr] Le Big Data, c’est comme le sexe chez les ados

Le Big Data, tout le monde en parle, mais dans les faits, très peu l’ont véritablement expérimenté. Et comme nombre d’entreprises affirment s’adonner au Big Data, mieux vaut également revendiquer en faire de même.

C’est pourquoi selon le patron du cabinet de recherche Canalys, Steve Brazier, le Big Data s’apparente d’une certaine façon aux discussions des adolescents au sujet du sexe. Pour ne pas paraître ridicule ou en retard, il est encore préférable de se déclarer au fait du sujet, quand bien même il n’en est rien.

« Le plus gros problème de l’analyse de données, c’est de loin les humains »

Attention cependant à ne pas céder aux sirènes du marketing des grands fournisseurs de technologies, forcément préoccupés par leurs carnets de commandes. Car comme le relate Channel Register, de manière mordante, les entreprises « sèment de l’argent dans des projets big data sans savoir ce qu’elles font ».

Autre erreur, ces initiatives sont abordées sous un angle technologique. Or le « plus gros problème de l’analyse de données, c’est de loin les humains » juge Steve Brazier. Dans son rapport BiMA, Steria rappelait d’ailleurs qu’avant de rêver du miracle proclamé du Big Data, il était indispensable de progresser au préalable sur la qualité des données.

Cette position est également défendue par Harper Reed, le directeur technologique de la campagne 2012 de Barack Obama. Pour ce dernier, l’expression même de big data est une erreur.

« Le problème avec le big data c’est le ‘big’, qui est une connerie. Cet aspect est déjà résolu […] Nous avons traité le big et devrions nous préoccuper de la donnée. Alors pourquoi ne pas seulement dire data ».

Semer de l’argent comme des graines, puis croiser les doigts

Pour le site britannique, qui a interrogé différents prestataires, les arguments avancés traduisent plutôt un « vendeur essayant de convaincre ses partenaires de persuader à leur tour leurs clients qu’ils doivent rafraichir l’état de leur IT avant que la magie du big data n’opère ».

En gros investir d’abord, et espérer ensuite, en croisant les doigts, que les bénéfices promis finiront effectivement par se matérialiser. Une approche un peu curieuse et qui n’a jamais fonctionné, quel que soit le domaine de l’IT. Les entreprises se laisseront-elles prendre ?

Selon les études, les promesses auraient déjà convaincu. D’après EMC, 74% des entreprises françaises affirment que le Big Data conduit à une meilleure prise de décision. Mais pour Steria, seuls 7% des professionnels de la BI considèrent le Big Data comme un sujet d’actualité.

Pourquoi la question du Big Data ne pourrait-elle pas préoccuper une majorité d’entreprises ? D’abord car toutes n’ont pas à gérer d’importants volumes de données. Ainsi dans deux tiers des entreprises, moins de dix téraoctets de données sont analysés.

Par Christophe Auffray
Source : zdnet.fr

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